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Quand le mensonge du « génocide » devient un alibi au meurtre de juifs – Opinion

Anti-Israel protesters in Washington. (AP/Cliff Owen)

Les accusations de crime ne visent pas à informer. Elles visent à légitimer, à rationaliser et à justifier la violence antisémite.

Par Micha Danzig, The Algemeiner

Chaque époque a ses accusations de crime rituel. La nôtre les enrobe d’infographies.

Suite au massacre de juifs lors d’une célébration de Hanoucca à Bondi Beach, une réaction prévisible a émergé d’un coin bien connu de l’écosystème politique et médiatique. Ni chagrin, ni horreur, ni lucidité morale. Non, une incantation machinale : « Ah, mais le génocide !»

Ce n’est pas une analyse. C’est un alibi.

Sur les réseaux sociaux, des publications ont circulé, insistant sur le fait que l’attentat devait être compris – voire excusé – en raison d’un prétendu « génocide » israélien à Gaza.

Une infographie largement partagée affirmait que Gaza avait subi l’équivalent de « 42 500 attentats terroristes de Bondi » ou de « 212 11 septembre ».

On y lit également, en lettres capitales sur une image présentant une foule compacte, « 680 000 MORTS », affirmant – sans preuve – que 380 000 d’entre eux étaient des enfants de moins de cinq ans.

Les sources citées ne sont ni des agences démographiques, ni des organisations de surveillance des conflits, ni des études évaluées par des pairs, mais des commentateurs militants se livrant à des modélisations spéculatives les unes sur les autres, amplifiées par la répétition jusqu’à ce que l’affirmation devienne un « fait ».

Ce n’est pas une erreur. C’est ainsi que fonctionnent les accusations de crime rituel.

La méthode est ancienne. Les juifs sont accusés d’un crime monstrueux unique – autrefois meurtre rituel, puis empoisonnement des puits et propagation de la peste bubonique, aujourd’hui « génocide ».

L’accusation est présentée comme moralement si accablante, si évidente, que la violence contre les juifs devient non seulement compréhensible, mais encouragée. Le juif passe de victime à bourreau.

C’est précisément ce à quoi nous assistons aujourd’hui.

Un autre message viral, suite à l’attentat de Bondi, déplorait qu’« un petit groupe puissant et bruyant » exige le silence sur le « génocide auquel nous assistons depuis plus de deux ans », insinuant que l’influence juive étouffait la vérité et les responsabilités.

Cette formulation n’est pas anodine. Elle fait écho à des siècles de propagande antisémite sur le pouvoir juif, reformulée dans le langage de l’indignation progressiste.

Les juifs sont une fois de plus dépeints comme des manipulateurs de conscience et des déformateurs de la réalité. Un groupe face auquel il faut « résister ».

Résister comment ? Apparemment, par les armes.

L’affirmation désormais omniprésente des « 680 000 morts » constitue le fondement de cette inversion morale. Il ne s’agit pas d’une statistique ; c’est une fabrication – une inflation numérique extrême, sans aucun fondement dans les données de recensement, l’analyse de la surmortalité ou toute méthodologie reconnue de suivi des conflits. Aucun organisme international réputé ne la cautionne. Aucune donnée démographique de référence ne la soutient. Aucune comptabilité transparente ne l’explique.

Mais la vérité n’est pas le problème. Les accusations de génocide ne visent pas à informer. Elles visent à légitimer, à rationaliser et à justifier la violence antisémite.

Au Moyen Âge, l’accusation selon laquelle les juifs assassinaient des enfants chrétiens justifiait les pogroms. Au XXe siècle, les allégations de malveillance juive ont justifié l’exclusion, l’expulsion et l’extermination.

En Palestine mandataire britannique, l’accusation selon laquelle les juifs cherchaient à « détruire Al-Aqsa » — d’abord propagée avec véhémence dans les années 1920 par le collaborateur nazi Haj Amin al-Husseini — est devenue une justification récurrente des massacres de juifs. Ses héritiers idéologiques l’ont ressuscitée le 7 octobre 2023, l’invoquant comme prétexte moral pour l’invasion, le viol et le massacre.

Au XXIe siècle, l’accusation de « génocide » portée contre les juifs — ou l’État d’Israël — remplit la même fonction.

C’est pourquoi le massacre de Bondi Beach n’était pas une exception. C’était l’aboutissement prévisible d’un système narratif qui, depuis des années, affirme que les juifs sont les criminels ultimes de l’Histoire, que leur légitime défense équivaut à un massacre et que leurs souffrances ne sont, au mieux, qu’un désagrément.

Remarquez ce qui manque au refrain « Oh, mais le génocide » : les faits, l’intention, la proportionnalité et le droit.

Le génocide ne se définit pas par des impressions, des vidéos virales ou des comparaisons de victimes sur internet. C’est un crime précis, défini juridiquement, qui exige une intention manifeste d’exterminer un peuple.

Les faits à Gaza – quelle que soit l’appréciation que l’on porte sur les politiques israéliennes individuelles – ne résistent absolument pas à ce test. La croissance démographique à Gaza, les alertes d’évacuation, les couloirs humanitaires, la coordination médicale en temps de guerre, les campagnes de vaccination et les pratiques militaires démontrent l’inverse d’un comportement génocidaire.

Mais la précision briserait le charme et anéantirait l’accusation de génocide ; il faut donc la rejeter.

Une fois le « génocide » érigé en dogme, tout en découle. La peur juive se mue en hystérie. La légitime défense juive devient une preuve de culpabilité. Les morts juives deviennent des notes de bas de page, voire pire, des justifications.

Voilà comment les slogans se transforment en balles.

Le massacre de Bondi Beach n’est pas dû à « deux années de génocide ». C’est une accusation de crime rituel. Il est le fruit d’années de dégradation morale : la banalisation d’une accusation si répandue qu’elle rend la vie juive négociable. Ceux qui partagent ces images n’ont peut-être pas appuyé sur la gâchette, mais ils ont contribué à en donner l’autorisation.

L’histoire a déjà vu ce film. Il finit toujours mal.

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