Dans le cadre des dispositions actuelles, tout gazaoui souhaitant quitter Gaza devra obtenir l’autorisation de l’Égypte, le Caire transmettant les noms au Shin Bet (Service de sécurité intérieure israélien) pour validation.
Par Pesach Benson, TPS
Le point de passage de Rafah, entre la bande de Gaza et l’Égypte, a rouvert dimanche pour des essais opérationnels, mais la circulation des personnes ne devrait débuter que demain, a annoncé Israël.
« La circulation des résidents dans les deux sens, à destination et en provenance de Gaza, devrait commencer demain », a déclaré le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les Territoires (COGAT).
Selon le COGAT, des tests sont nécessaires pour évaluer l’état de préparation du point de passage avant que les résidents puissent circuler dans les deux sens.
Les premières estimations indiquent qu’environ 150 personnes seront autorisées à quitter Gaza chaque jour, tandis qu’une cinquantaine y retourneront. Le point de passage est resté fermé presque sans interruption depuis le début du conflit le 7 octobre.
Cette réouverture permettra aux gazaouis d’entrer et de sortir de la bande de Gaza dans des conditions strictement contrôlées, même si les responsables israéliens ont souligné que cette mesure restait essentiellement symbolique.
Dans un premier temps, le point de passage sera exclusivement réservé aux gazaouis. Les journalistes étrangers ne seront pas autorisés à entrer dans la bande de Gaza, et la capacité totale devrait être limitée à environ 200 personnes par jour.
Selon les estimations israéliennes, le nombre de personnes quittant Gaza devrait être nettement supérieur à celui des personnes y entrant.
L’Égypte a demandé que les départs soient initialement limités aux cas médicaux et à leurs accompagnateurs. Les médias arabes ont rapporté qu’une dizaine d’ambulances se préparaient à entrer dans Gaza pour évacuer les malades et les blessés.
Dans le cadre des dispositions actuelles, tout gazaoui souhaitant traverser la bande de Gaza devra obtenir l’autorisation de l’Égypte, le Caire transmettant les noms au Shin Bet (Service de sécurité intérieure israélien) pour validation.
Les responsables israéliens ont déclaré que chaque demande serait examinée individuellement, ajoutant que « les hauts responsables terroristes ne seraient en aucun cas autorisés à quitter Gaza ».
Du côté de Gaza, le point de passage sera géré par le personnel de l’Autorité palestinienne sous la supervision de la Mission d’assistance aux frontières de l’Union européenne (EUBAM), un dispositif confirmé par Benyamin Netanyahou.
Des observateurs européens participeront aux contrôles de sécurité des personnes quittant la bande de Gaza, tandis qu’Israël supervisera les départs à distance.
Des agents israéliens, postés dans une salle de contrôle, utiliseront la reconnaissance faciale pour vérifier l’identité des personnes par rapport à des listes préapprouvées et ouvrir ou fermer électroniquement un tourniquet télécommandé.
Aucun personnel israélien ne sera présent au point de passage.
Toutefois, l’entrée à Gaza depuis l’Égypte impliquera un rôle israélien plus important. Après avoir transité par Rafah, les personnes autorisées seront transportées en bus jusqu’à un point de contrôle des Forces de défense israéliennes à l’intérieur de Gaza, où elles seront soumises à des contrôles de reconnaissance faciale et à des inspections physiques.
Ce processus vise à prévenir le trafic d’armes et à garantir que seules les personnes autorisées retournent dans les zones contrôlées par le Hamas.
Selon les chiffres du COGAT, environ 42 000 gazaouis ont quitté la bande de Gaza au cours de la guerre, principalement des patients cherchant à se faire soigner à l’étranger ou des personnes détenant la double nationalité.
Israël et l’Égypte maintiennent des restrictions sur Gaza afin d’empêcher le trafic d’armes depuis que le Hamas a pris le contrôle du territoire en 2007.
Depuis lors, des militants palestiniens organisent régulièrement des flottilles pour contester le blocus.
En 2011, une enquête indépendante de l’ONU sur l’incident du Mavi Marmara en 2010 a critiqué les forces israéliennes pour usage excessif de la force, tout en confirmant la légalité du blocus.
Un rapport de 2022, rédigé par le Conseil des relations internationales (CIR), affilié au Hamas, et consulté par TPS-IL, indique que 12 % de la population de la bande de Gaza a fui depuis 2007, date à laquelle le groupe terroriste a pris le contrôle de Gaza par la force. Le Hamas s’oppose à la réouverture du point de passage de Rafah.
Le 7 octobre, lors des attaques du Hamas contre des localités israéliennes proches de la frontière de Gaza, environ 1 200 personnes ont été tuées et 252 israéliens et étrangers ont été pris en otage. La dépouille du dernier otage a récemment été rapatriée pour être inhumée.
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